CADEAU (PDF) : N’ABUZZEZ PAS !

160 pages (2008)
Auteurs : Éric de Barry, Jean Demerliac, Bertrand Wolf

Nous avons écrit cet essai pour l'offrir à nos futurs clients lors de notre première rencontre. Pour fêter nos dix ans, nous avons décidé de désormais l'offrir à nos visiteurs.

[…]Connaître les communautés d’Internet pour mieux y communiquer sans y faire de faux pas, ni y commettre des abus, tel est, ne nous y trompons pas, l’objet principal de ce livre, y compris sous la forme de l’essai historique qui en occupe la plus grande partie.[…]

[…]Imaginons qu’un homme politique, une marque, un organisme ou une entreprise quelconque fassent l’objet d’une rumeur ou d’un point de vue sectaire qui se répandrait de manière épidémique sur le Web comme c’est si souvent le cas, alors cet homme ou cet organisme devrait être en mesure d’exercer autant qu’il le juge nécessaire son droit de réponse sur des forums ou autres lieux communautaires où se répand cette rumeur, nonobstant l’interdit de pénétrer dans ces lieux privés dits de « libre parole ».[…]

[…]l’ouvrage offre à ses lecteurs des pistes de réflexions pour toucher des communautés, voire même quelques conseils pratiques en ce sens, il voudrait surtout leur dire ce vieux proverbe arabe : « connais ton ennemi ». Les organismes ou les entreprises, en effet, sont d’emblée en territoire ennemi lorsqu’ils s’aventurent sur les forums et les blogs. S’ils ne limitent pas leurs interventions à une information vraie, utile et précise, soit pour dissiper une erreur ou une rumeur les concernant directement, soit pour répondre à une requête d’information ponctuelle d’un internaute, alors ces lieux d’influence deviennent instantanément pour eux de terribles écueils.[…]

Avant-propos

Nos aînés ont vu avec la naissance d’Internet un nouvel espoir pour la démocratie et pour une participation plus active à la gestion des affaires publiques. On s’est réjoui des capacités accrues d’échange données aux citoyens, loin du contrôle de l’État ou de grandes entreprises commerciales. On a cru en une nouvelle économie axée sur le B to C et une rationalisation massive du marketing et de l’offre et de la demande.

Temporairement revues à la baisse après le bref délai de modestie qui a suivi l’éclatement de la bulle dans les années 2001-2002, les promesses d’épanouissement économique et social d’Internet sont reparties à la hausse, parallèlement à un formidable décollage des usages. Le Web dit « 2.0 » ou « participatif » l’« économie collaborative » ou « wikonomie », les grands réseaux dits « sociaux », traduisent ce nouvel essor d’Internet pour de nouveaux lendemains qui chantent, sans que l’on ait jamais vraiment pris le temps de développer une vision critique des enjeux de la révolution numérique, de son impact sur la consommation, sur les lois de la concurrence et l’économie de marché, sur l’échange communicationnel et les délibérations qui permettent des prises d’opinion, sur les structures de délégation et de spécialisation, enfin, qui assurent le bon fonctionnement des sociétés démocratiques.

Internet intègre simultanément tous ces aspects, d’où l’impossibilité d’adopter une approche exclusive, qu’elle soit sociologique, politique ou économique.

Sous la forme d’une histoire qui commence avec l’utopie de la « société de la communication » de Norbert Wiener dès l’immédiate après guerre, et qui remonte jusqu’au Web 2.0, en passant par l’invention de l’ordinateur personnel et du World Wide Web, N’abuzzez pas ! dresse le constat d’une société de la communication arrivée progressivement à ses limites, où l’alibi communautaire et les vieux idéaux libertaires ont ouvert la voie à tous les abus : pratiques déloyales dans le champ économique, recul de l’État dans le champ politique, encouragement au conformisme et au repliement communautaire dans le champ de la vie sociale. Parce que ces problèmes sont devenus universels, une histoire adressée à tous, aussi bien à ceux qui désireraient par une meilleure connaissance du terrain mieux adapter leurs stratégies de communication avec les communautés du Web, qu’aux simples internautes.

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